Séance du 11 décembre 2007 - L’écologie au quotidien dans la ville : débat et conclusion
December 28, 2007 – 3:16 pmRestitution des groupes
Marie
Le réchauffement est un problème planétaire, la France représente 2,5%du problème, l’UE 18%. La réponse UE à Kyoto et à Bali : “chacun peut faire des efforts”mais il faudrait mettre le problème en système. Quels sont les gestes quotidiens de la décroissance ? Jachères en Europe pour des questions de marchés, on jette. Sentiment d’une confusion dans les préconisations de l’intervenant : quel modèle, comment formuler le rapport intérêt sur coût. Recyclage des cannettes en métal : est plus écologique la bouteille en plastique ou la cannette ? Comment passer d’actions locales à une logique globale de décroissance ? Comment peser politiquement sur l’écologique ? Comment concilier une formation de marketeur à une logique de décroissance ? Pourquoi ne pas déforester au Brésil alors qu’on dit que c’est bien de se chauffer au bois en France ? Question : pourquoi le WWF a classé l’Allemagne en premier ?
David
La notion d’éco-consommation a été inventée par les gens qui font du markéting ? Mettre le mode de vie rurale dans le domaine urbain ? Est-ce que c’est la pub, les parents qui donnent envie de consommer ? Quelle légitimité par rapport aux pays en voie de développement ? Courbe de valorisation de l’empreinte écologique en fonction de la richesse ? Comment on arrive à projeter sur une surface pétrole, blé… ?
Antoine
A priori : l’idéologie économique dominante nous semble opposée au développement durable. Récupération ?
Changement, quels sont les moteurs ? Ensemble : consommateur, sentiment partagé, vision politique. Ou bien nécessité d’un choc, d’une absence de choix. La question du prix n’a plus de sens. Qu’est-ce qu’on paye ?
Tito
Il y a un point de contradiction relevé par le groupe : poussée à consommer d’un côté et l’idée de réduire l’empreinte écologique de l’autre. Les labels : beaucoup de méfiance, est-ce qu’ils ne sont pas un outil de manipulation pour vendre plus ? Par ailleurs que dire aux pays émergents ? L’empreinte écologique est donnée en surface alors que le monde est en 3D : donner l’empreinte en surface n’est pas très parlant. En pensant “volume” est-ce qu’il n’y a pas la question de la recherche en profondeur ? Quid des études pour utiliser les algues de la mer comme source d’énergie ? La conférence précédente a mis en évidence la faiblesse des corps intermédiaires : on parle de faire évoluer les mentalités. Comment le faire en présence de cette faiblesse ? Quels sont les moyens de pression pour produire le changement ? Rumeur : la Ford Prius est moins polluante mais sa fabrication est plus polluante.
Réponses de l’intervenant et échanges avec la salle
Rapports Nord Sud, question des Etats
Le fond du problème ? Voir les choses d’une autre façon. Smith dit de prendre en compte le caractère fini des ressources mais on l’a oublié. On va pas dire aux pays du Sud d’arrêter leur développement : en même temps la Chine base son modèle économique sur l’exportation de biens manufacturés, c’est la division internationale du travail. Aujourd’hui ils ont une croissance exponentielle. Kyoto n’incluait pas les pays émergents. Bali va peut être les intégrer. Une façon pour les pays développés de réduire les gaz à effet de serre peut être l’aide aux pays du Sud pour installer des technologies moins polluantes. Demain ils devront être soumis à des quotas. Une évolution équitable : à partir du moment où on a atteint un développement, penser à une répartition équitable. Prôner les changements dans le comportement individuel alors qu’on est 60 millions et que les chinois sont plus d’un milliard ? oui, si on est pas capable de faire autre chose il n’y aura pas de changement à long terme. Pas d’évolution possible si on ne donne pas l’exemple. L’augmentation de la consommation de charbon en Chine est due à 40% par la demande des pays occidentaux.
Comment passer d’actions locales à une actions globales, décroissance ?
Une chose est sûre : il est nécessaire de réaliser la décroissance dans l’utilisation des ressources naturelles. Cela ne correspond pas forcément à une décroissance économique. Il n’existe pas encore de modèle convaincant. Découplage entre croissance économique et croissance de la consommation des ressources indispensable. WWF : protection de la nature. Au fur et à mesure que les structure intermédiaires ont pris du pouvoir les ONG ont fait « sortir le panda de la forêt » et fait comprendre l’interdépendance des choses. Les problèmes locaux ne sont pas isolés. Exemple : le Coltan dans les ordinateurs portables. Jusqu’à l’année dernière 80% des réserves étaient identifiées et exploitées au Congo, dans la région du Kivu qui abrite les Bonobo et les gorilles à dos gris. L’exploitation provoque la déforestation qui met à mal l’habitat naturel des grands singes. Et les gens qui vivent là bas braconnent. Impact sur la population des grands singes : intérêt d’être sur des actions locales et globales à la fois.
Le lobby politique
Le WWF et les ONG en général font pression sur la politique. Exemple du Grenelle de l’environnement. Il vient de la pression des ONG. L’alliance pour la planète a claqué la porte du comité de suivi. Les ONG sont présentes à Bruxelles, à Bali, partout où il y a un pouvoir de changement environnementale.
Exeple de l’EPR : le WWF et Greenpeace se sont mis ensemble avec d’autres au sein de l’Alliance pour la planète. Ces associations se sont mis d’accord pour demander un moratoire sur l’EPR.
Le lobbying est-il contraire à un mouvement politique au grand jour ?
Si on suit l’émergence des idées et le mouvement la suite logique pour certains est : entrer en politique. Mais cela signifie perdre son statut non gouvernementale. Cela n’empêche à beaucoup de personnes d’être en ONG et dans un parti ou dans un think-tank. Cela permet la circulation des idées et nourrit le débat politique. Exemple : montée du thème écologique dans l’élection présidentielle. Les verts ont été “mangés” par le pacte écologique d’Hulot. N’empêche que vingt ans de travail pour que la question écologique soit centrale dans la question politique ont abouti à un succès formidable. Les ONG cherchent à faire émerger de nouvelles problématiques. Leur force est de rester non gouvernementale.
Formation marketing et décroissance
Basile ne se considère pas comme un partisan de la décroissance économique. Comment concilier les deux ? Il est intimement convaincu de l’efficacité des outil du management. Il a fait prépa, ESCP, puis il a choisi des cours pour faire du conseil en développement durable. Pour monter dans une voiture et prendre le volant il faut le permis de conduire. C’est pareil pour les entreprises pour changer les choses de l’intérieur.
Y-a-t-il antithèse entre les méthodes markéting, insidieuses, et la démarche politique de dévoilement ?
Prenons l’exemple de l’alter-économie : quand on achète un produit on peut trouver sur internet tout le process de fabrication du produit. Cela signifie développer de nouvelles techniques de marketing. Le consommateur a envie de vrai, le marketing alter-économique y répond. C’est un exemple, même si l’éco-consommation n’est qu’un déplacement et ne répond pas aux exigences de décroissance de la consommation des ressources.Nouvelles techniques qui permettent de dire la vérité sur le produit.
Est-ce que le consommateur ne va pas contre le citoyen ? Que pensez-vous de ceux qui prônent des modes de vie basés sur l’économie de don contre don ?
On a besoin de consommer, besoin physiologique. Il n’y a pas à culpabiliser du fait de consommer. l’important est d’avoir du recul sur le cycle “acheter, consommer, jeter”.
L’économie don contre don est intéressante à un niveau local. Il est difficile de la voir fonctionner à un niveau global : considérons les flux, les échanges, la publicité… Il y a également des risques de retour en arrière. Mais c’est intéressant pour les possibilités que ça montre.
Développement de quartiers durables, logique de vie de mutualisation des ressources avec confort de vie moderne, bâtiment à énergie positive… on sait que ça marche grâce aux expériences pilotes. Par ailleurs lorsqu’on compare l’enpreinte écolo d’un urbain et d’un rural on sait que 60% de l’empreinte écolo d’un urbain vient des choix personnels de mode de vie et 40% vient des choix de la structure. Pour un rural c’est l’inverse. Cela car si on habite en ville, il est beaucoup plus facile de prendre des transport en commun, on vit dans des immeubles collectifs qui ont un impact moindre en terme de chauffage. Un habitat dense et des structures mutualisés permettent d’abaisser l’empreinte écologique.
D’où vient notre envie de consommer ?
C’est un besoin fondamental, physiologique. A quel moment un besoin devient un désir ? A quel moment devient-il une futilité ? Nous sommes directement responsables de la partie de l’empreinte liée à nos choix personnels et politiquement responsables pour la partie structurelle liée aux décisions publiques et aux traités. Quand de Gaulle décide de développer le nucléaire, cela permet aujourd’hui à la France d’avoir moins d’émission de CO2 par Kwh produit que les voisins européens. Après est-ce une vraie solution à long terme ? Dans les conclusions du Grenelle : tout projet majeur en France sera soumis à des critères environnementaux. Est-ce que ce sera suivi d’effet ? c’est à la société civile de s’engager pour que ce soit fait.
La cannette recyclée
En France la cannette en aluminium est recyclée. Il existe une bonne filière de recyclage. La collecte sélective est organisée dans la plupart des villes. Mais il y a encore des gens qui refusent de trier : théorie des jeux, pourquoi je le ferais si mon voisin ne le fait pas ?
La visite de centres de tris est très instructive.
Plastique ou cannette ? c’est un sujet en lui-même. Il faut une analyse en cycle de vie. C’est un gros boulot d’ingénieur, on évalue tous les impact en terme de changement climatique, de ressources naturelles, d’acidification de l’air, de l’eau. Ces calculs donnent la réponse. Entre 5 cannettes en aluminium et une bouteille en plastique vaut mieux la bouteille. Un élément important est donné par la masse de l’emballage par rapport à la masse du produit.
On peut calculer son empreinte écologique. Site du WWF.
Compte-rendu réalisé par Antoine Le Fèvre








